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n°137

n°137

Juin
2021

Changer est risqué mais ne rien faire conduit assurément à rester sur le bas-côté

Les agriculteurs ne peuvent pas répercuter les variations de coûts de production dans leurs prix de vente et avec eux les entrepreneurs de travaux agricoles comme on le déplore en ce moment avec la flambée du prix des matières premières dont l’acier, le cuivre, etc., et la remontée du prix du pétrole mais aussi l’indisponibilité de pièces de rechange. Dans les faits, les producteurs restent la variable d’ajustement. Comment faire autrement ?

Le 24 juin dernier, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, en première lecture, un objectif pour une plus juste rémunération des agriculteurs dans leurs relations commerciales avec les industriels et la grande distribution.

Le vote à la quasi-unanimité de la proposition de loi témoigne d’un consensus fort de la représentation nationale qu’il faut saluer. Ce n’est pas si fréquent dans notre démocratie et sur un sujet qui touche au pouvoir d’achat.

Pour augmenter la part agricole dans les prix alimentaires, la nouvelle loi veut formaliser les relations commerciales tant à l’amont qu’à l’aval. L’obligation d’un contrat écrit entre producteur et acheteur d’une durée minimum de trois ans apparaît avec la prise en compte d’indicateurs (indicateurs de coûts de production, indicateurs de prix des matières premières agricoles, indicateurs liés à la qualité des produits). Voilà des règles qui s’adressent à tous les acteurs des filières agricoles y compris la prestation de service.

Changer est risqué mais ne rien faire conduit assurément à rester sur le bas-côté. Pour autant, le législateur a-t-il bien intégré que la formalisation d’engagements dans un contrat écrit pourrait ne pas entraîner un revenu chez l’agriculteur ? Voilà un sujet à partager ensemble dans les mois à venir lors de nos échanges.

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